La Méditation

Qu’est-ce que c’est ?

C’est une pratique mentale et corporelle, issue des traditions spirituelles anciennes, utilisant la focalisation de l’attention sur la respiration, un objet particulier ou des sons.

Dans son approche spirituelle, il s’agit d’un exercice de réalisation de soi et d’éveil, une technique concrète de conscience de l’attention.

Purgée de cette dimension pour une pratique plus laïque, elle a été réduite à ses bienfaits avérés : réductions du stress, gestions des émotions, présence…

Pourquoi méditer?

Pour son action sur le mental dont elle vise à calmer, pacifier l’agitation perpétuelle qui obscurcit notre conscience.

Quelques soient les techniques et elles sont nombreuses, il s’agit d’une modification de l’état d’esprit, une transformation de notre expérience du monde en devenant spectateur de ce qui nous habite.

Le Maître Zen Taiseu Deshimaru disait que « dans l’acte de méditer, notre grand ego, celui qui en nous recherche le calme, la sagesse, l’équilibre et une conscience lucide, contemple notre petit ego, agité, angoissé, boursouflé, vaniteux,… »

Quand méditer ?

Il est possible, par l’attention à notre respiration d’entrer en état méditatif dans différents lieux et activités.

Dans la vie courante, nous n’avons pas conscience de respirer, c’est un acte automatique qui se dérègle en cas d’effort ou d’émotions fortes. La plupart du temps, notre capacité respiratoire est faible, ne mobilisant que le haut des poumons.

Une respiration consciente passe par une expiration profonde, lente, longue, par le nez, se terminant dans la contraction de l’abdomen. En cessant, l’inspiration revient d’un coup.

On sort du tourbillon mental et, ainsi dans une attention lucide, on habite son corps et on regarde le film du flot mental.

On est là, dans le calme intérieur.

Cet exercice se pratique dès qu’on perd le contact avec la réalité et qu’on est absorbé par ses pensées, où que l’on soit, que ce soit en marchant ou dans les gestes du quotidien.

Comment méditer ?

Pour un travail sur soi en profondeur, la position assise est recommandée.

– sur un coussin ou une chaise,

– le dos bien droit

– les jambes croisées en lotus ou tailleur,

– les yeux sont clos ou mi-clos, le regard posé devant soi

– les épaules détendues, menton légèrement rentré (dès qu’on pense, il s’avance)

– les mains peuvent être poser sur les cuisses ou en mudra de méditation,(main gauche sur main droite, les pouces se touchant à l’horizontal)

– concentration sur la respiration, avec un approfondissement progressif, sans forcer, entre 3 et 5 fois

– on laisse les pensées défiler, on goûte l’immobilité et le silence

On peut, quand la pratique est maîtrisée, y associer visualisations et sons(mantras).

Le maître de la méditation est la respiration.

Méditation dans le Yoga

Le Yoga est une voie de l’Hindouisme dont l’objectif est la libération par la méditation, l’ascèse et les exercices corporels, pour réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physiques, psychiques et spirituels.

Le Raja Yoga (Yoga Royal ou intégral) est fondé sur le yoga codifié par Patanjali.

Il est composé de 8 membres (astanga) :

  • Yama : code de conduite envers les autres
  • Nyama : contraintes envers soi même
  • Asana : ou Hatha Yoga en occident, union entre le soleil (Ha) et la lune (Tha), calme dans la posture
  • Pranayama : libération du souffle vital (prana), la respiration comme objet de concentration
  • Pratyhara : retrait des sens
  • Dharana : concentration, garder l’esprit fixé sur un point
  • Dhyana : méditation profonde, l’esprit reste fixé et n’est plus sensible aux perturbations
  • Samadhi : contemplation profonde ou état d’union avec le dieu intérieur, ou absorption dans l’absolu

Le passage du Yoga à la modernité s’est produit avec la parution du livre de Vivekananda en 1896, « Raja Yoga ou conquête de la nature intérieure », une adaptation du Yoga Sutra de Patanjali pour occidentaux.

De nos jours, en occident, le yoga s’entend comme une forme posturale plus ou moins dérivée du Hatha Yoga et de créations contemporaines.

Méditation Vipassana (bouddhique), un exemple

Vipassana signifie « voir les choses telles qu’elles sont réellement ».

C’est la plus ancienne technique de méditation de l’Inde, ayant pour objectif l’éradication des impuretés mentales et la libération qui en résulte.

C’est une méthode de transformation de soi par l’observation de soi, se centrant sur l’interconnexion entre esprit et corps pour atteindre la racine commune qui dissout les impuretés du mental et dont résulte un esprit équilibré, plein d’amour et de compassion.

La pratique se fait dans le silence.

– assis confortablement, dos droit

– porter son attention sur le va et vient naturel du souffle et approfondir doucement la respiration

– observer les sensations. Une fois l’esprit plus calme, déplacer l’attention à l’intérieur du corps. Parcourir chaque partie, de la tête aux pieds, de façon méthodique

– rester équanime en constatant simplement ce qui se présente comme sensations, ne pas chercher à les retenir. Accepter l’impermanence dans chaque expériences de la vie mène à un équilibre intérieur.

Méditation Pleine conscience

Il s’agit de se ramener à l’instant présent et de prendre conscience de ce qui nous habite, par une « attention juste », notion indienne appartenant au « noble sentier octuple » bouddhiste (voie qui mène à la cessation de la souffrance et à la délivrance totale – Nirvana)

La Pleine conscience – Mindfulness

C’est une forme laïque rattachée au Bouddhisme, développée par le médecin US Jon Kabbat-Zinn.

Il suit l’enseignement du maître zen Seung Sahu et du moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et crée sa clinique de réduction de stress en 1979.

« La pleine conscience signifie diriger son attention d’une certaine manière c’est-à-dire délibérément au moment présent sans jugement de valeur. » J Kabat-Zinn

Cette méditation, par son application de la pleine présence et une présence attentive, en thérapie cognitive, a pour but la réduction du stress, prévention des rechutes dépressives, alternative efficace aux antidépresseurs.

Son utilisation repose sur le changement de postulat -dans la dépression, l’humeur – plutôt que le contenu des pensées dysfonctionnelles.

Son usage en psychologie ou psychiatrie demanderait d’après Nicholas Van Dam, psychologue, un ego solide. S’il est altéré par un traumatisme ou une psychose, la méditation de pleine conscience est contre indiquée. Elle pourrait faire resurgir des souvenirs traumatiques, de l’anxiété, etc. Si la pratique est mal dirigée, ou l’ instructeur peu qualifié, il peut y avoir des cas de dépersonnalisation et de fragilisation .

Cette méditation, médiatisée par Christophe André, psychiatre, est au cœur d’un marché lucratif, détachée de toute religiosité, mais faisant malgré tout partie intégrante du bouddhisme.

Cet essai, non exhaustif, pourrait encore donner lieu à d’autres développements.

Je vous souhaite une bonne lecture et bonne pratique !

Quelques auteurs font références : Swami Sivananda Sarasvati (La pratique de méditation), Marc de Smedt (50 techniques de méditation), S.N Goenka (Trois enseignements sur la méditation Vipassana), Dr Jon Kabat-Zinn (Au coeur de la tourmente, la pleine conscience).

Et Wikipédia…

Francine

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